Les différents jours
Le Carnaval se déroule durant les quatre jours qui précèdent le mercredi des Cendres, c'est-à-dire du samedi midi au mardi-gras minuit. Les quatre jeudis qui précèdent ce long week-end sont déjà l’occasion de festivités pour les malmédiens.Le samedi
Dès midi, la Grosse Police, qui fait fonction de crieur public, parcourt toutes les rues de la ville en proclamant (en wallon et en vers) le début du Carnaval. Cette annonce se fait jusqu'à 14.30 heures, heure à laquelle le Bourgmestre de Malmedy cède pour 4 jours ses pouvoirs au « Trouv'lê » en lui remettant une « panûle » (pelle à grains en bois de brasseur), le tout, toujours en wallon. C’est alors le 1er cortège, Trouv'lê en tête, de toutes les sociétés de la Ville. La fanfare escortant le Trouv'lê joue sur tout le parcours la « Marche do Trouv'lê » composée par Olivier LEBIERRE en 1874 et qui n'est jouée qu'à cette seule occasion.
Les deux sociétés chorales, la Royale Union Wallonne et la Malmédienne, présentent ici un cortège humoristique à thème, tandis que les sociétés instrumentales ont, elles aussi, choisi un thème général qui les identifiera durant tout leur Carnaval.
Le dimanche
Avant-midi, quelques réceptions «sur invitations» sont organisées par diverses sociétés, notamment, l'Ordre du Cwarmê, l'Ordre dès Pièrots ou encore la Mèsnîe do l'Haguète. Ces réceptions sont l’occasion de mettre à l’honneur chaque année des personnalités locales, politiques, culturelles, sportives ou autres.
L'après-midi, dès 13.30 heures, démarre un grand cortège composé des sociétés et de leurs suites et chars, plusieurs milliers de masqués et costumés au total. Immédiatement après ce tour, commencent les « bandes courantes » (« bânes corantes ») où les travestis dont nos célèbres masques traditionnels vont s'attaquer au public en le taquinant. Beaucoup d'autres groupes, avec chars ou non, vont également taquiner le public massé sur les trottoirs, le tout dans un joyeux « désordre» ; il est à remarquer que tout un chacun peut se travestir (hommes, femmes ou enfants) et s'intégrer au cortège, sans autorisation ni inscription préalable.
Cette organisation du dimanche remonte à la fin du siècle dernier. Elle est maintenant prise en charge par le Royal Syndicat d'Initiative de Malmedy.
Le lundi
Depuis les années 1870-80, les sociétés locales montent des théâtres ambulants et, après avoir parcouru la ville pour exhiber les acteurs, font halte sur certaines places pour y donner leurs représentations appelées «roles» (rôles). Ces rôles sont des pièces satiriques écrites en vers et en wallon, entrecoupées de nombreuses chansons à couplets, et relatant les évènements et menus faits cocasses survenus aux Malmédiens durant l'année écoulée. Il y aura deux représentations de chaque rôle durant l'après-midi du lundi.
Ces rôles nécessitent un énorme travail d'écriture et de répétitions, on y voit évoluer une vingtaine d'acteurs. Actuellement, ce sont les deux chorales d'hommes, l'Union Wallonne et la Malmédienne, qui exécutent ces pièces; auparavant, deux sociétés instrumentales y participaient également. Les deux week-ends suivant le Carnaval, les rôles sont à nouveau présentés au public, en salle cette fois.
Fait important: chaque année, de nouvelles chansons carnavalesques sont écrites et composées pour ces « roles », chansons qui bien souvent, entrent dans la «tradition» et qui sont finalement connues du tout-Malmedy. C'est ainsi que la ville peut s'enorgueillir de posséder quelques dizaines de chants carnavalesques enregistrés, tous en wallon.
Le mardi-gras
Durant quelques années avant la fin de 19ème siècle et jusque vers 1920, des «Mâssîs-toûrs» (sales tours) se produisaient la journée du mardi-gras. Cependant, ils n'étaient pas toujours appréciés. Petit à petit, les mœurs se sont policées; c'est ainsi qu'actuellement, les sociétés font une sortie individuelle l'après-midi du mardi, les deux chorales ayant opté pour un thème revenant d'année en année: la Royale Malmédienne en « Ardennais et Ardennaises» et la Royale Union Wallonne présentant la « Noce 1900 au village ». Depuis quelques années, la Mèsnîe de la Haguète participe au mardi-gras avec un groupe imposant de «Grosses têtes» (Grossès-Tièsses).
Les costumes et toilettes sont très élégants et les farandoles offrent un spectacle agréable et frais.
Jusqu'en 1891, le Carnaval se terminait le mercredi des Cendres par un «brûlage de l'os» ; celui-ci fut interdit par le Clergé en 1892. Les Malmédiens réinstaurèrent le «brûlage de la Haguète» en 1954, le mardi-gras au soir. Toutes les sociétés et leurs suites, toute la population sont rassemblées sur la Place Albert 1er pour voir brûler le personnage de la Haguète au sommet d'un énorme brasier, symbole de la fin des festivités et de l'hiver.
Les quatre jeudis-gras
Rappelons que les quatre jeudis (appelés jeudis-gras) qui précédent le Carnaval sont aussi des journées de mascarade pour les malmédiens. Ces quatre jeudis-gras sont la survivance d’une ancienne période de relative abondance qui précédait le carême. C’est à ce moment de l’année que les celliers étaient les mieux garnis, que les activités étaient ralenties par l’hiver, que le temps était propice à la fête et au défoulement.
Jusque dans les années 60, dès la nuit tombée, hommes et femmes mais principalement la gent féminine se travestissaient et allaient par la ville, faisant halte à chaque débit de boisson pour y taquiner et « lawer » (ironiser) les messieurs qui s’y trouvaient. Souvent, ces dames se regroupaient pour exécuter un « petit rôle » qui consiste à choisir une victime et à lui offrir leurs « services » en tant que coiffeuses, maquilleuses, infirmières… jusqu’à ce que la pauvre victime offre la tournée.
De nos jours, ce sont principalement les deuxième et troisième jeudis-gras qui restent les plus animés. Mais pourtant, une volonté existe pour rendre son lustre au premier: outre le cortège d’enfants, en fin d’après-midi, certaines sociétés programment depuis peu leur sortie ce jour-là; de même, c’est lors du quatrième jeudi-gras que le Royal Club Wallon organise un grand bal masqué pour les enfants de la commune, bal qui connaît une affluence considérable.



