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Les masques traditionnels

Lu Trouv’lê


Le « Trouv’lê » est le personnage qui symbolise le pouvoir durant les quatre jours du Cwarmê. À l’origine, les festivités étaient organisées par les cercles de jeunesse. Afin d’ éviter les débordements, ils veillaient eux-mêmes au maintien de l’ordre. C’est le « capitaine de jeunesse » (lu mêsse djône ome ») qui prenait en charge cette responsabilité, sa pelle (panûle qui succéda à la trouvale ?) devenant le sceptre dérisoire qui lui conférait symboliquement l’ autorité.
Toujours vêtu de rouge vif, symbole du feu, et coiffé d’un haut-de-forme, chapeau de cérémonie par excellence, il reçoit, le samedi après-midi, la « panûle » (pelle à grains de brasseur) des mains du Bourgmestre de la ville lors d’une cérémonie d’ouverture instituée depuis 1950 seulement.
Son costume s’apparente beaucoup à celui de la Haguète, à quelques détails près, comme, par exemple, le haut-de-forme orné d’une écharpe frangée et d’un brin de verdure, symbole du proche printemps. Le « Trouv’lê » parcourt, après la cérémonie d’ouverture, les rues de la ville au son de la « Marche do Trouv’lê » composée en 1874 par Olivier Lebierre (1851-1914) et jouée pour la circonstance depuis lors. « Messîre Trouv’lê » sera escorté de deux autres travestis : la « Grosse Police » et les « Djoup’sènes ».
Ces trois masques traditionnels sont issus de la « Royale Malmédienne », première société à sortir le samedi après-midi..


Lu Grosse Police


Autrefois, le tambour de la Garde proclamait l’ouverture du Cwarmê et les règlements de police en vigueur. Ce n’est qu’en 1920 que l’on verra apparaître un personnage appelé par dérision « Grosse Police » qui va annoncer les festivités au moyen d’une cloche à main – le « clabot ». C’est cette cloche qui était utilisée par le crieur public communal jusqu’après 1950.
La « Grosse Police » est coiffée d’un bicorne noir   posé en travers, vêtue d’un sarrau bleu, d’un pantalon blanc et porte un sabre en bandoulière. Depuis les années 1950, elle est accompagnée de plusieurs de ses consœurs et se met à parcourir les rues le samedi dès 11 heures, s’arrêtant çà et là pour clamer son « c’mand » (commandement écrit en vers wallons) annonçant l’arrivée du Cwarmê.


Lu Djoup’sène


La « Djoup’sène » est l’un des travestis les plus anciens du Cwarmê. Jusqu’à la fin du 19e siècle, elle sortait le soir, souvent en petites bandes, et allait chaparder les victuailles dans les maisons ; la soirée se terminait alors par un festin entre amis. On imagine les excès que cette pratique pouvait engendrer et la réaction des autorités pour l’interdire.
« Djoup’sène » signifie « Égyptienne », c’est-à-dire bohémienne ou gitane . Elle est vêtue d’un énorme drap blanc qui la recouvre entièrement et porte un masque au nez crochu ; actuellement et depuis les années 1920, le Cwarmê en fait réapparaître deux en mémoire du très ancien masque et celles-ci vont escorter le « Trouv’lê » pendant son tour de ville inaugural. Toutefois, on leur a symboliquement entravé les bras sous le vêtement afin de les empêcher de marauder.


Lu Haguète


La « Haguète » est un ancien travestissement dont l’origine a suscité beaucoup de recherches et amené les hypothèses les plus diverses. Faute de documents, il est difficile de la situer avant le milieu du 19ème siècle mais la légende veut qu’elle soit bien plus ancienne.
La célèbre botaniste Marie-Anne Libert en parle dans ses écrits historiques en 1857 comme d’un très ancien masque.
Le bicorne français empanaché de plumes d’autruches, la cagoule, l’aigle bicéphale du Saint-Empire Romain de la nation germanique   au dos de la veste contribuent à l’originalité du costume et attestent de son origine lointaine.
La « Haguète » était naguère beaucoup plus modeste, le vêtement taillé dans des tissus ordinaires et le chapeau orné de plumes de coq. Aujourd’hui, le travestissement est devenu bien plus riche, en velours garni de « bouillonnées » de satin brodé de galons argentés ou dorés, des franges au masque, aux manches, au pantalon, des grandes plumes d’autruches multicolores etc.
Tout ce déploiement de luxe en a fait le masque le plus prestigieux et le plus représentatif du Cwarmê. La « Haguète » est armée d’un « hape-tchâr » (happe-chair) avec lequel le masque saisit les spectateurs à la cheville et les oblige à mettre un genou à terre pour exiger le « pardon », en wallon bien évidemment : « Pardon, Haguète, à l’ cawe do ramon, dju nu l’ f’rès jamês pus ! » (Pardon, Haguète, à la queue du balai, je ne le ferai jamais plus !).
On explique ce terme « à l' cawe du ramon » par le fait qu’au 19ème et jusqu’au début du 20ème siècle, la « Haguète » était armée d’un balai et non de son « hape-tchâr » actuel. Elle poursuivait alors un personnage féminin déguenillé et malpropre appelé  « Marie-Françoise » ou « Mâssîe-Droûsse » (Marie salope) qui la narguait en hurlant : « Êyou ! Haguète, dju n’a nin pawe du vos ! »  (Êyou! Haguète, je n’ai pas peur de vous !). Cette « Marèye-Droûsse » a aujourd’hui totalement disparu du Cwarmê.
Depuis 1966, il existe une société locale appelée « Mèsnîe do l' Haguète du Mâm’dî » dont les membres –des deux sexes- se costument en « Haguète » le dimanche du carnaval et sortent parfois de la ville pour des représentations dans des manifestations folkloriques à l’extérieur.
Mais outre ladite « Mèsnîe », de nombreuses autres personnes possèdent le travestissement qu’elles ressortent chaque année dans la rue. On en recense jusqu’à cent cinquante actuellement dans le grand cortège du carnaval.
A propos du hape-tchâr, il est à noter que si la coutume se plaît à rappeler qu’il servait à tendre la nourriture aux malades de la léproserie locale, il est bien plus vraisemblable de lui rendre son usage domestique, celui de dépendre les salaisons du dessus des cheminées, d’où son nom !


Lu Vèheû


Le « Vèheû » (putois) est probablement le plus ancien masque de notre carnaval.   Il serait apparu au Cwarmê vers le milieu du 17e  siècle.  C’est un personnage qui nous vient d’une ancienne coutume villageoise où la jeunesse faisait la « chasse au vèheû » le jour de la ducasse (tchèssî l’ vèheû). Le « Vèheû » des fêtes locales pénétrait dans les maisons, y dérobait des victuailles, la bande des « chasseurs » à ses trousses . Le « Vèheû » du Cwarmê en avait gardé quelque chose car il faisait naguère la quête et, s’il ne recevait rien, se servait tout simplement sans attendre la permission.
Actuellement, ce masque est armé d’un fouet auquel est accroché une vessie de porc séchée et gonflée. Son rôle consiste, courant sans cesse,  à aller frapper gentiment les spectateurs. Curieusement, l’animal chassé est devenu chasseur et a pris son nom !
Les origines de son costume pas banal ont suscité auprès des anciens folkloristes bien des hypothèses car il est coiffé d’un bonnet polonais à fond carré, d’un gilet de même couleur, d’une culotte serrée aux genoux et de bas blancs. Une large bandoulière de cuir garnie de sept grelots lui barre la poitrine. Certains ont même vu en lui un cocher de fiacre !


Lu Sotê


Le « Sotê » figure un des ces nains de légende qui habitait dans les grottes à Bévercé près de Malmedy. Ces nains rendaient des menus services à la population en échange de quelque nourriture.
Mais comment se travestir en nain alors qu’on est de taille normale ? La solution à ce problème a produit un masque curieux et insolite en ce sens que l’on a placé un semblant de visage à hauteur des cuisses, le dessus du corps étant entièrement recouvert d’un énorme haut-de-forme. Comme notre masqué a les bras coincés sous le chapeau, il tiendra en main des bras artificiels terminés par des mains gantées de blanc.
Le « Sotê » évolue en sautillant et taquine les spectateurs au moyen de ses longs bras mais il est muet. Sous l’énorme gibus, il porte un habit à basques, des pantalons colorés. Son masque assez grotesque d’environ trente centimètres de largeur revêt une longue barbe effilochée.
Ce très ancien travestissement – quelque peu encombrant à porter ! - apparaît lui aussi dans des écrits du milieu du 18ème siècle. Après la dernière guerre, il avait pratiquement disparu du Cwarmê mais quelques traditionalistes ont comblé la lacune dès les années 1970 et, actuellement, une joyeuse bande de « Sotê » anime le carnaval dès le samedi avec le « Trouv’lê »
C’est un des masques les plus spectaculaires et originaux du Cwarmê malmédien.


Lu Sâvadje-Cayèt   Lu Sâvadje


Nos ancêtres, sans doute fascinés par les descriptions extravagantes que les rares voyageurs faisaient des peuples d’Afrique ou d’Amérique, ont imaginé ces « sauvages », comme on disait jadis, de façon pour le moins bizarre au vu de ces deux déguisements.
Le « Sâvadje-Cayèt » qui est noir (Africain) est caractérisé par un costume – ou une cotte - recouvert de plaquettes de bois colorées s’entrechoquant au moindre mouvement. Le « cayèt » était l’éclat de bois qui tombait de la hache du bûcheron et était utilisé naguère pour la confection de ce costume. Le « Sâvadje-Cayèt » porte des bracelets, des colliers et un diadème doré garni de petites plumes. Il est armé d’une massue en mousse ou en crin et va frapper gentiment les têtes des spectateurs en poussant des cris féroces. En aucun cas, il ne noircira les spectateurs. Il porte un maillot noir qui le recouvre entièrement et une grosse perruque noire bouclée parachève ce beau travestissement.


Le « Sâvadje » est le « sauvage » figurant l’Indien d’Amérique. Il revêt un maillot, de couleur chair souvent, une petite jupe ourlée de cygne blanc, un boléro de même, colliers et bracelets ; le plus souvent, il porte un loup à bavette et un diadème emplumé tout comme le « Sâvadje-Cayèt ». A la main, il tient un arc doré et une flèche, et au dos, un carquois complète son accoutrement. Ses jambes sont curieusement tressées de rubans colorés allant de la cheville au genou. Il est aujourd’hui de tournure élégante, avec une large ceinture en satin frangée d’or, des sandales et un anneau au nez dorés. Il présente un costume aux couleurs chatoyantes.
Sa fonction consistera à faire courir en la tenant par la main une spectatrice ramenée ensuite à son point de départ et galamment saluée .
Ces deux masques datent du début du 19ème siècle et, ici encore, les travestissements ont bien évolué avec les années.


Lu Hârlikin


Arlequin, personnage de la « Commedia dell’Arte » italienne, aurait été  incorporé dans le Cwarmê au 19e siècle, avec Pierrot, Paillasse et Colombine.
Le costume de « Hârlikin » est demeuré fort semblable au modèle d’origine, à peu de chose près. On lui a cependant ajouté quelques détails. A son chapeau de feutre bicorne est à présent attachée une queue de renard au moyen de laquelle « Hârlikin » chatouille le visage des spectateurs. Autrefois, les « Hârlikins » apparaissaient souvent par paires ; ils se battaient en duel (brèter, en wallon) à l’aide de leur petit sabre de bois pour les yeux d’une belle. Il y avait là tout un spectacle où les rivaux, dans des passes savantes, élégantes, se fendaient, se tournaient le dos en balançant l’arrière-train. De plus, les « Hârlikins », gymnastes accomplis, faisaient la roue, marchaient sur les mains, jouaient les équilibristes sur les parapets des ponts…Depuis peu, ces nobles pratiques ont été quelque peu remises à l’honneur par des amoureux de vrai  folklore.

Lu Pièrot


Le « Pièrot » du Cwarmê malmédien est toujours vêtu d’un pilou blanc garni de gros boutons noirs ; il porte un chapeau pointu orné au devant de boutons identiques.
Il distribue des oranges et des noix qu’il porte, les unes dans une corbeille d’osier, les autres dans un sac en bandoulière. Jadis, lorsqu’il était à court de provisions, le « Pièrot » se laissait tomber de tout son long tandis que les enfants le traînaient alors jusqu’au char ravitailleur en chantant : « Pôve Pièrot, qui n’a pus dès djèyes ! » (Pauvre Pierrot qui n’a plus de noix !). Certains Pierrots d’aujourd’hui, dans l’euphorie de la fin de leur jour de gloire, n’hésitent pas à tenter de ressusciter ce rite quelque peu extrême !
Ce masque est évidemment relativement coûteux vu l’achat du stock d’oranges nécessaires.
Les « Pièrots » se regroupent souvent par dix ou douze et constituent au cours de l’année une cagnotte pour effectuer des achats groupés.
Le travestissement de « Payasse » (Paillasse) a totalement disparu du carnaval depuis les années 1930.


Lu Long-Né


Les « Longs-Nés » animent les « bânes-corantes » depuis le dernier quart du 19e siècle. Ils se rassemblent par six ou sept et vont, à la queue leu leu, choisir une victime qu’ils imitent alors en tout jusqu’à ce que cette dernière, de guerre lasse, leur offre la tournée. Les « Longs-Nés » sont coiffés d’un bonnet de meunier, portent un masque au très long nez, un sarrau bleu, un foulard rouge et un pantalon blanc. Ils sont absolument méconnaissables, leur pipe en terre cuite à la bouche.
Ce masque a dû faire l’objet d’un règlement étant donné la quantité de boissons diverses qu’il doit absorber en cours de journée, obligé qu’il est de boire ce que la victime boit. Aussi, un arrêté communal exige l’âge de dix-huit ans au moins pour le revêtement de ce masque.


Lu Longuès-Brèsses


Le « Longuès-Brèsses» (longs bras) existait déjà à l’époque où Lebierre a composé sa « Marche do Trouv’lê » en 1874. Il incarne un clown coiffé d’un minuscule haut-de-forme garni d’une plume de paon. Les manches de son frac coloré ont été démesurément allongées et il tient en mains deux bâtons couverts de longues manches, terminées par une main gantée de blanc. Il porte une cagoule bariolée par-dessus son maquillage d’auguste.
Les « Longuès-Brèsses » s’amusent à décoiffer les spectateurs ou à  chaparder le chapeau de l’un d’eux pour en revêtir un autre.


Lu Long-Ramon


Le « Long-Ramon » (long balai) est beaucoup plus jeune que le « Longuès-Bressès » ; il n’apparaîtrait que vers les années 1920.
C’est le même travestissement que le « Longuès-Brèsses », mais sans les bras à rallonges. Il porte un énorme balai de cinq mètres environ (pour les adultes) orné de branches de genêts et enrubanné aux couleurs malmédiennes : noir, jaune, vert. Ce long balai est utilisé afin de décoiffer les spectateurs, faire tomber les chapeaux et atteindre les fenêtres des étages pour y surprendre leurs habitants. Marchant en feignant l’indifférence, il tourne sur lui-même et oblige la foule à s’abaisser pour éviter le balai.



Lu Boldjî


Deux métiers populaires sont représentés dans le Cwarmê depuis la fin 19ème siècle : le « Boldjî » (boulanger) et le « Cwapî », (cordonnier). Le « Boldjî », tout de blanc vêtu, portant la  toque, est ventripotent et arbore de grosses joues. Son costume est garni de « britzèls » (bretzels), pâtisserie dure et cassante ; il tient une pelle ronde en bois, la « panûle », avec laquelle il tâte et soupèse l’arrière-train des spectatrices en assimilant malicieusement celui-ci à sa fournée : « von’là onk k’ èst bin cût, on bin lèvé !…! »
Henri BRAGARD, dans « Wallonia n°VII, 1899 », évoque dans sa description du « Boldjî » une panûle sur laquelle sont peints, d’un côté un flan, de l’autre un « britzèl ».

Lu Cwapî



Le « Cwapî  ( cordonnier) . Ce rouquin aux cheveux hirsutes, revêtu d’un long tablier de coutil bleu, est accompagné d’un confrère identique. Ils portent les instruments nécessaires au « role » qu’ils ont à jouer : un petit tabouret pour faire asseoir leurs clientes, un mètre-ruban, un calepin et un crayon.
Nos « Cwapîs » prennent donc, auprès des dames, les mesures afin de leur confectionner de nouvelles chaussures, des bottes et parfois des cuissardes, à grands renforts de commentaires ironiques en wallon.
Le « Boldjî » et le « Cwapî » sont donc de grands bavards, usant d’un vocabulaire wallon savoureux et indispensable, spécifiquement adapté à leur profession.
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